mercredi 16 décembre 2015

Quand vous dînez à Valençay, vous sauvez le monde !


Alors que la COP21 a réuni pléthore de chefs d’États du monde entier, à Paris du 30 novembre au 11 décembre, au chevet de la planète et du climat, un tournage sur la diplomatie culinaire a eu lieu au Château de Talleyrand vendredi 4 décembre.
 
Le chef Bernard Vaussion et Stéphane Lopez à Valençay
 Une assiette que la rédaction n'a pas manqué de goûter... © Émilie RENCIEN
 
 "Un dîner pour sauver le monde". C’est le titre, volontairement provocateur, d’un film-documentaire de 52 minutes, soutenu par l’ONU et actuellement en cours de réalisation par la société Magnificat Films. Une partie de cette œuvre audiovisuelle a été tournée au Château de Valençay vendredi 4 décembre et à cette occasion, un repas citoyen a été organisé à 19h sur place. Autour de la table, une centaine de participants, pour la plupart des habitants de la commune indrienne. « J’ai cuisiné tout l’après-midi, » a confié ce soir-là Corinne, venue avec sa fille de 13 ans, Pamela. « Une galette à la citrouille, du riz cuit au court-bouillon avec courgettes, aubergines et poireaux finement émincés, du pain perdu aussi avec raisins de Corinthe et oranges. » Oui car le principe de ce dîner gratuit et participatif filmé voulait que chaque convive apporte des victuailles à partager avec son voisin (ou sa voisine) en suivant une règle bien précise, à savoir un plat unique autour du riz, des légumes et des légumineuses ainsi qu’un dessert de type pain perdu avec des fruits de saison. Cela n’a empêché de trouver sur les tables des quiches, des œufs, bien sûr des lentilles du Berry, du vin de Valençay évidemment, et oups, quelques crevettes… Peu importe. À la fin de la soirée, tout le monde est reparti le sourire aux lèvres et le baume au cœur. Pas de chair animale et de recettes carnées (ou presque…) au bout des couverts et pourtant, des saveurs, des couleurs, du goût et du plaisir. « C’était bien, très bien ! » ont confirmé Micheline et Monique. «L’absence de viande ? Ça ne nous a pas posé souci. Et nous avons vécu un bon moment de partage.»
 
Un menu végétarien le 4 décembre ! © Émilie RENCIEN
 
Une projection annoncée pour la COP 22

En bref, le dîner-documentaire à Valençay fut une jolie parenthèse dans ce monde de brutes qui a prouvé que les choses les plus simples sont finalement les meilleures. Une cerise sur le gâteau, vendredi 4 décembre : le grand chef français originaire d’Orléans, Bernard Vaussion, qui a oeuvré quarante ans dans les cuisines du Palais de l’Élysée et a servi pas moins de cinq présidents de la Ve République (Valéry Giscard d’Estaing, François Mitterand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande), était derrière les fourneaux, épaulé dans sa tâche par le cuisinier et pâtissier de Romorantin Stéphane Lopez (« La Malle Gourmande ») et le chef Éric Souverain, à la tête de l’Auberge de la Tour à Châtillon-sur-Indre. En somme, trois « Antonin Carême » (1) modernes pour une soirée berrichonne d’exception ! Le menu ce soir-là était donc végétarien (ou quasi), insufflé par le Club des Chefs des chefs et plus particulièrement Christian Garcia, président du dit groupe et chef du Palais princier de Monaco, sorte de « G20 » de la gastronomie. « Le riz et le pain sont adaptables à tous les pays, » a souligné Bernard Vaussion. « De plus, faciles pour concocter des recettes. » «Ce dîner convivial et porteur de sens à Valençay est le premier d’une longue série, » a expliqué à son tour Jean-Pierre Stéphan, co-réalisateur accompagné de Noël Balen et Amaury Voslion, auteurs-réalisateurs. «Ce dîner est un symbole et un geste citoyen. En 2030-50, nous serons neuf milliards d’êtres humains sur cette Terre.  Alors, où aller chercher une nourriture qui doit être bonne, saine et suffisante ? L’idée d’un tel documentaire en 2015 est de susciter une prise de conscience collective sur nos habitudes alimentaires. Il s’agit de dire à nos politiques qu’avec le dérèglement climatique, ce que nous avons dans nos assiettes aujourd’hui, nous ne l’aurons pas forcément demain. L’idée n’est pas forcément de délaisser la viande mais d’en manger moins souvent ; il faut être davantage locavore, consommer des produits frais, de proximité, de saison et éviter de gaspiller.» Après Valençay, d’autres séquences vont été captées à travers le monde entier, en Haïti, Thaïlande, Inde, à Tokyo, Monaco, etc. Encore une fois, si le début du tournage s’est déroulé au moment où se tenait la COP 21 à Paris, la diffusion, elle, devrait avoir lieu l’année prochaine lors de la COP 22 à Marrakech (2). Soit une belle façon de boucler la boucle.

Émilie RENCIEN

(*) Le fameux pâtissier chef français, notamment connu pour ses pièces montées et engagé par le Prince de Talleyrand à Valençay au XIXe siècle.

(2) Avant une exploitation sur les chaînes TV françaises et étrangères ainsi que des projections annoncées dans des salles de l’ONU.

 
L’Amérique aime le fromage et l’Allemagne la cuisine française
En parlant de bonne chère et de politique, à Valençay, vendredi 4 décembre, Bernard Vaussion  a raconté qu’un petit incident diplomatique avec Barack Obama  aurait pu survenir lors du 70e anniversaire du Débarquement à cause … d’un morceau de fromage ! Cette partie  du menu avait été supprimée en raison d’un timing serré (François Hollande recevait en effet Vladimir Poutine à l’Élysée ensuite). Dans le restaurant étoilé de Guy Savoy, le Chiberta à Paris, ce mois de juin 2014, le président américain s’est ainsi étonné de cette absence, un plateau est toutefois rapidement arrivé pour satisfaire son appétit, plus de peur de que de mal donc. Quant à la chancelière allemande Angela Merkel, « elle aime bien la cuisine française, » a ajouté l’ancien chef des cuisines élyséennes. « Elle est toujours de bonne humeur quand elle vient dîner ou déjeuner à Paris, ça facilite les négociations ! »
    É.R.

mardi 15 décembre 2015

Quilles, boules... Ça strike !



Il n'y a pas que la chasse en Sologne :  le bowling-brasserie-restaurant « le Sabulonia» a ouvert ses portes à la place de l’ancien Décathlon sur l’Avenue de Paris, à Romorantin (41). Il n’y a donc plus d’articles de sport à vendre sur place mais la nouvelle enseigne incite tout de même à bouger son corps.
 
Huit pistes au total © Émilie RENCIEN
 

Une architecture moderne, des écrans rétro-éclairés au-dessus des pistes, des fauteuils de couleur rouge et cosy… C’est un fait : le bowling de Romorantin a de la gueule. Impossible de manquer par exemple l’immense et superbe fresque « Romorantin, capitale de la Sologne », installée en arrière-plan des huit pistes de bowling. « Les travaux ont démarré à la fin du mois de juillet 2015, » a rappelé l’architecte romorantinais, Daniel Boitte, propriétaire des lieux. « À partir de ce jour (le 11 décembre, ndrl), avec mon directeur, Michaël Legleux qui a œuvré à la tête de nombreux restaurants de Monsieur Marion, célèbre restaurateur parisien, nous allons ouvrir au public cet établissement de plus de 2.000 m², 7 jours sur 7, de 7 heures à 1 heure du matin. Il se compose de : 3 salles polyvalentes d’une surface totale de 300 m² modulable pour des séminaires, repas dansants, soirées à thème, etc. ; un bowling de 8 pistes très convivial à retour rapide ; un espace brasserie de 50 places, un espace restauration de 50 places avec des produits frais de qualité et un bar. » Mais aussi un coin jeux d’arcade de 220 m² avec un volume ludique pour les enfants et une salle de billard professionnel de 400 m² ; deux salles de réunion et un espace privatif avec 3 bureaux ; une cuisine de plus de 100 m² pour élaborer des produits frais, de préférence français, et un Drive couplé à la fabrication offrant des plats traditionnelles frais.  Et ce n’est pas fini : au début de l’année prochaine, un espace de jeu laser de 450 m², avec une salle de formation de 26 m², est annoncé. Vingt-quatre salariés accueillent d’ores et déjà le consommateur qui pénètre dans le « Sabulonia » (*).

Un jeu de boules qui roulent … dans la langue de Shakespeare

Mais sinon, au fait, avant d’enfiler vos chaussures spéciales, connaissez-vous le langage « bowling » (à défaut de parler le solognot) ? Savez-vous par exemple ce qu’est une « belle-mère » ou une « pucelle » ? Pour la première, c’est tout simplement une expression pour désigner la quille cachée derrière les autres, tandis que pour la seconde, on parle plutôt de deux quilles disposées sur la même ligne et dont l'écart permet à la boule de passer juste entre elles. Sinon, à Romorantin, une fois devant les pistes, après ou avant avoir siroté un cocktail et essayé le baby-foot, vous pourrez « striker à la grecque» (soit faire tomber les quilles de devant avec celles de derrière), « éviter le chou-fleur » (un strike raté) au profit d’un « turkey » (3 strikes d’affilée), réaliser un « back-up » (une rotation inversée de la boule pendant le lancer) ou un « wash-out» (figure avec laquelle il reste la « headpin », la quille numéro 1, avec une ou plusieurs autres très écartées). Alors, « ready » (ou prêts si vous préférez) ?

Émilie RENCIEN
 
(*) C'est ainsi que la Sologne s'appelait autrefois. Du latin sabulum, le sable.

samedi 5 décembre 2015

Stéphane Rousseau, super héros du rire

L'artiste québécois a posé ses valises en Sologne mercredi 25 novembre. De l'humour, de l'humour, et rien que ça. Pour changer.

"Ce soir, au moins, on va rire." Impossible de pas sentir que les spectateurs, venus en nombre ce 25 novembre 2015, installés confortablement dans les fauteuils rouges de la salle culturelle de la Pyramide à Romorantin, avaient besoin d'une parenthèse joyeuse. La présence visible de deux gendarmes et trois agents de sécurité privée, à l'extérieur pour contrôler les sacs et à l'intérieur des deux côtés de la scène, rappelait toutefois les évènements dramatiques parisiens récents. "Les gens sont agressifs avec l'austérité, tout ça. Je suis con mais il y a en ce moment une bande de crétins, ils se sont multipliés entre eux," a glissé Stéphane Rousseau au milieu de son show en Sologne. "Il faut rester fort, rester debout. Continuer à sourire, à rire... Et à vivre."
 
Stéphane Rousseau, le 25 novembre à Romorantin. ©Émilie RENCIEN
 
Le feu sous la glace
 
En dépit d'une actualité donc peu réjouissante, Stéphane Rousseau a bien réussi ce soir-là à "briser la glace" (le titre de son spectacle, ndrl). Une heure trente de vannes qui ont fait mouche, entrecoupées de moments musicaux live grâce au duo qui accompagnait l'artiste sur les planches, une batteuse à la chevelure platine-lissée et un pianiste à lunettes roux-barbu. Quatre-vingt dix minutes pendant lesquelles le comique a gaiement narré des situations que tout un chacun a déjà vécu au moins une fois dans son existence : le temps qui passe, les meilleurs façons à trouver pour se comporter avec sa progéniture, la rupture amoureuse, les beuveries entre potes et la drague dans les bars quand on est célibataire, etc. "Je suis vieux mais beau gosse," a énuméré Stéphane Rousseau. "Je suis égocentrique, cynique, narcissique, paresseux, alcoolique, fainéant, macho et un peu princesse..." Que nenni. La gent féminine n'a pu résister au sex-appeal de l'humoriste de 49 ans, "signe astro Vierge." Une spectatrice privilégiée a d'ailleurs été invitée à s'asseoir sur un tabouret haut et à partager un moment les yeux dans les yeux avec le séduisant quadra venu du froid. "J'ai des qualités de merde," a encore chanté Stéphane Rousseau qui a paqueté ses petits (*), une cape noire nouée autour du cou, le poing levé en signe de résistance. De toute façon, personne n'est parfait...même les super-héros qui n'ont que pour arme un humour en rafale qui, lui, fait du bien.
 
Émilie RENCIEN
 
(*) En québécois : faire ses valises, ramasser ses affaires avant un départ imminent, s'en aller.

Deux colombes pour deux soeurs


Les obsèques d’Anna et Marion Pétard-Lieffrig, deux sœurs de 27 et 24 ans originaires de Monthou-sur-Bièvre, touchées par les balles des terroristes à la terrasse du Carillon à Paris vendredi 13 novembre, ont eu lieu lundi 23 novembre à la cathédrale Saint-Louis de Blois.

 
Bougies et fleurs en bas des marches Denis-Papin à Blois.©Émilie RENCIEN


 

Pas toujours facile de vraiment réaliser ce qui est arrivé mais à la vue des deux cercueils blancs le 23 novembre, la réalité, effroyable, indicible, est devenue tangible. Je ne les connaissais pas mais Anna et Marion étaient des jeunes femmes quasiment de mon âge, tuées par des jeunes de notre âge. À leur place, ça aurait pu être moi, toi, n’importe qui. Sur les photos installées dans la cathédrale lors des funérailles ou encore celles apposées en bas des marches Denis-Papin, une chose saute aux yeux : souvent ensemble devant l’objectif, ces deux sœurs étaient toujours souriantes, peu importe la pose. Elles croquaient la vie à pleines dents. "Jésus lui-même nous dit : « ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et qui ne peuvent rien faire de plus. »  Ne craignez pas… Pourtant, ceux qui tuent le corps nous font peur : dans notre pays, inutile de nous le cacher, nous avons peur, » a exprimé Monseigneur Batut, l’évêque de Blois, dans une touchante homélie. « Quelqu’un m’a dit : « je suis venu parce que je voudrais qu’Anna et Marion ne soient pas mortes pour rien. » Si nous repartons d’ici tout à l’heure bien décidés à ne pas laisser se perdre notre âme, je pense qu’Anna et Marion ne seront pas mortes pour rien. Si nous en repartons en souhaitant aux bourreaux de retrouver leur âme, elles ne seront pas mortes pour rien. » Anna et Marion Pétard-Lieffrig, ainsi que les 128 autres victimes des odieux crimes perpétrés le 13 novembre 2015. Dix jours après cet horrible épisode français sanglant, deux colombes blanches ont été lâchées dans le ciel à Blois sur le parvis de la cathédrale, au-dessus des corps sans vie des deux soeurs. L’un des volatiles blancs s’est longuement attardé au sol puis sur un panneau de chantier le long de l’édifice religieux, tandis qu’un rayon de soleil est subitement apparu en fin de cérémonie. Un signe peut-être et un message sans aucun doute : plutôt que de céder à l’effroi et se replier sur soi, vivez à 200% pour celles et ceux auxquels on a soudainement et injustement ôté cette chance.


Émilie RENCIEN

vendredi 27 novembre 2015

Le corps disparaît, pas l'âme

Les obsèques de Marion et Anna Pétard-Lieffrig, deux jeunes femmes originaires de Monthou-sur-Bièvre (41), mortellement touchées vendredi 13 novembre lors des attentats parisiens, se sont déroulées à Blois lundi 23 novembre.


Deux colombes pour deux sœurs sur le parvis de la cathédrale de Blois, lundi 23 novembre 2015.
© Émilie RENCIEN

"Aux inséparables". Lundi 23 novembre à 10 heures, dans la cathédrale de Blois, beaucoup de fleurs, blanches pour la plupart, disposées au pied de l'autel où l'on pouvait notamment lire ce message. Ou tout simplement des noms : Reporters sans frontières, maire et élus de Paris, maire de Blois, président du Conseil Départemental de Loir-et-Cher et président d'Agglopolys, Fédération des bouchers et des charcutiers, entre autres. Beaucoup d'émotion aussi affichée sur des visages fermés et des bouches silencieuses.
Dans les murs et aux abords de l'édifice religieux, la foule était compacte comme l'a si justement souligné Monseigneur Batut, l'évêque de Blois, avant de prononcer une émouvante homélie avec notamment ces mots. "C'est notre âme ou notre conscience (appelons-la comme on veut) qui nous pousse à l'amour de Dieu et du prochain. C'est elle qui nous fait être présents aujourd'hui, et c'est quelque chose qui ne peut pas mourir même si on tue notre corps." Les températures frisquettes, qui ont soudainement remplacé la douceur de ces dernières semaines, paraissaient finalement supportables en comparaison du froid indicible qui gelait à ce moment-là tous les cœurs, qu'ils soient proches ou anonymes, et que même un rayon de soleil  pointant le bout de son nez en fin de cérémonie à midi n'a pu réchauffer.
 
É.R.

vendredi 13 novembre 2015

Marie-Amélie Le Fur de retour au pays, quatre médailles autour du cou

L’athlète handisport de l’AJ Blois-Onzain n’en finit pas de briller. Elle l’a prouvé lors des Championnats du monde du Qatar.
 
Est-il encore nécessaire de présenter Marie-Amélie Le Fur ? Tout le monde connaît l’histoire de cette jeune fille qui, victime d’un très grave accident de scooter en 2004,  a dû être amputée sous le genou, d’une partie de sa jambe gauche. Mais qui n’a pas pour autant baissé les bras ni arrêté le sport. Et elle a eu raison. Elle est devenue une sportive hors du commun qui force l’admiration par son fabuleux parcours et sa pugnacité face à l’adversité. Ses derniers exploits sur la piste parlent d’eux-mêmes : celle qui fut notamment triple médaillée aux Jeux paralympiques de Londres en 2012 s’est en effet hissée fin octobre sur le haut du podium lors des Mondiaux d’athlétisme handisport à Doha (Qatar) : l’or en saut en longueur et sur 100m, l’argent sur 100 m et 200 m, soit quatre médailles et deux records (du monde pour la longueur et d’Europe pour le 100 m) ! Cette fois, Marie-Amélie le Fur s’est entourée de toute une équipe, en plus de son entraîneur attitré, Cyrille Nivault. « Steven à la préparation physique, Mathieu comme coach mental et aussi Dominique pour la longueur, » a précisé l’athlète blésoise, tout juste rentrée dans l’Hexagone, lundi 2 novembre lors d’une cérémonie organisée en son honneur à l’Hôtel de ville de Blois. « Les concurrentes sont de plus en plus fortes et possèdent des moyens que nous n’avons pas forcément en France. »

Marie-Amélie le Fur, son coach Cyrille Nivault ... et les médailles ! © Émilie RENCIEN

Des performances sportives et une belle humanité
Dans le viseur désormais de la championne loir-et-chérienne, les Jeux paralympiques de Rio en septembre 2016. Nous en reparlerons sans aucun doute… Outre ces dernières médailles dorées et argentées décrochées, Marie-Amélie le Fur est une jeune femme toujours souriante, qui n’a pas la grosse tête et qui reste attachée à son département, le Loir-et-Cher. « J’ai reçu beaucoup de messages d’encouragement du territoire et quand on est à l’autre bout de la planète, ça donne l’envie de se battre. Sans votre soutien, la route serait longue et dure.» Indéniablement, une fille en or dans tous les sens du terme.
É.R.

jeudi 5 novembre 2015

Des histoires de familles racontées par Jean-Paul Rappeneau

Un tournage avait eu lieu dans la région Centre  l’an passé. Il est possible de voir le résultat dans les salles obscures depuis le 14 octobre.

Guillaume de Tonquédec, avec Mathieu Amalric à ses côtés, qui tousse bruyamment sur la place Saint-Louis à Blois, dans le Loir-et-Cher (*) et Jean-Paul Rappeneau qui lui demande plusieurs fois de suite de recommencer à s’étouffer devant la caméra après le départ de Nicole Garcia et d’André Dussolier, ou encore Gilles Lellouche au volant d’un Range Rover de couleur noire lancée à vive allure dans les rues blésoises tout près de l’hôtel de ville… La journaliste qui écrit ces lignes s’en souvient, c’était en 2014, la semaine du 16 juin exactement. Il aura fallu attendre le mois d’octobre 2015 pour voir le film terminé. Jean-Paul Rappeneau a dévoilé  « Belles Familles » à Blois bien sûr, le 7 octobre précisément, une semaine avant sa sortie au cinéma. Il a travaillé sur ce long-métrage en famille justement, avec ses deux fils, Martin à la musique et Julien au scénario. «Pourquoi Blois ? Je suis un enfant de province comme la plupart des Français le sont, et parce que le film parle de la province française, ancienne et ce qu’elle est devenue à l’époque de la mondialisation et du monde autour, » a expliqué le réalisateur qui a reçu la médaille de la ville de Blois des mains du maire, Marc Gricourt. «Nous avons cherché plusieurs fois plusieurs villes et quand je suis arrivé ici, j’ai vu sur le haut de la ville rassemblé à la fois la mairie, la cathédrale, l’évêché avec la vue sur la Loire… Tout était rassemblé sur un petit périmètre, un petit territoire. J’ai eu l’impression que le film était écrit pour Blois. J’ai été séduit par Blois qui est devenue cette ville imaginaire qui s’appelle Ambray dans le film, comme je l’ai rêvée. »
 
Le tournage à Blois en juin 2014, dans la bonne humeur. ©Émilie RENCIEN
 

Une comédie divertissante, drôle et bien pensée

 
Un peu plus d’un an après le tournage, la même journaliste a pu découvrir sur grand écran le rendu final. À l’écran, la toux de Guillaume de Tonquédec, alias Jean-Michel Varenne, est bien là. Près de lui, on découvre que Mathieu Amalric est à l’écran son frère prénommé Jérôme. Gilles Lellouche, toujours au volant de son luxueux 4x4 dans les rues de Blois, joue le rôle d’un homme d’affaires, Grégoire Piaggi. Marine Vacth (Louise, la fille de la deuxième femme du père Varenne) est une bonne surprise en tant que comédienne ; il faut dire que ses yeux clairs, ses airs d’ingénue et sa plastique parfaite ne peuvent laisser indifférent. Au casting aussi : Gemma Chan (la fiancée asiatique de Jérôme), Karin Viard (la deuxième femme Varenne), André Dussolier (le maire) et Nicole Garcia (la première épouse Varenne). Dès le début du film, on s’attache vite à tous ces personnages qui s’entre-déchirent, qui ont parfois du mal à communiquer mais s’aiment au fond. On ne s’ennuie pas surtout : un problème chasse l’autre, les vrais visages de ces familles se révèlent peu à peu et le personnage de Mathieu Amalric qui doit partir mais ne le fait jamais rythme le scénario. En outre, on retrouve l’esprit ancien-nouveau évoqué plus haut par Jean-Paul Rappeneau. Dans le film, les appartements colorés et cubiques par exemple, rappelant à la fois la villa des Arpel dans « Mon oncle » de Jacques Tati (1958) et le style moderne de l’urbaniste Le Corbusier, tranchent avec l’architecture plus traditionnelle de la cossue maison familiale. De plus, impossible de ne pas remarquer les smartphones et ordinateurs présents dans le film. « Le téléphone portable est un personnage à part entière ! » a réagi Jean-Paul Rappeneau. «Oui, l’arrivée du portable a changé l’écriture des scénarios. »Et puis, dans « Belles Familles », il y a des moments drôles (telle l’employée du notaire, toujours amoureuse depuis le lycée…). On n’en dira pas plus…

Jean-Rappeneau content d'être de retour à Blois en octobre 2015. ©Émilie RENCIEN
 
 
Un film à ne pas manquer
En fait, s’il fallait résumer, « Belles Familles » narre une histoire de famille comme il en arrive tous les jours (une femme et ses enfants face à un mari défunt qui avait une autre vie avec une autre femme, avec un souci de vente de maison entre les deux), mêlée à une belle histoire d’amour (qui, diront les plus pessimistes, ne se passe que dans les films !). Pendant 1h53, Jean-Paul Rappeneau réussit à divertir d’une façon bien ficelée, permet au spectateur enfermé dans une salle sombre de s’évader de son quotidien en observant celui de personnages qui vivent à l’écran des situations finalement ordinaires qui parlent à tout le monde.
 
(*) Jean-Paul Rappeneau a en outre tourné des scènes de son film à Tours (37), Londres, Shanghaï. Le film a été présenté en août 2015 en ouverture du Festival du Film d’Angoulême. Le réalisateur a avoué qu’il parlait un peu de lui  avec ce long-métrage….

ÉR